frêne (n. m.)

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Scientifique

  • Fraxinus excelsior L.

Autres noms

  • fraine
  • fraisne
  • frêne commun
  • frêne élevé
  • fresne
  • grand frêne
  • langue d'oiseau (n. f.)
  • quinquina d'Europe

Anglais

  • ash
  • ash tree
  • common ash

Etymologie

lat. fraxinus, frêne, de foudre, car il attire la foudre quand il est très haut

Définition

Fam. des oléacées. 20-40 m. Arbre aux feuilles caduques, sacré dans la mythologie nordique. Les feuilles, caduques, imparipennées à 5-11 folioles, apparaissent après les fleurs. Les feuilles sont composées, opposées, aux folioles disposées comme les barbes d'une plume.

Détails

Il est planté près des fermes car les feuilles peuvent servir à nourrir le bétail (bovins, ovins) en automne.
Avant la feuillaison, les gros bourgeons noirs sont caractéristiques. L'écorce est rugueuse et se gerce avec l'âge. Les fruits sont des samares.
Longévité 150-200 ans.
C'est l'hôte de chenilles de papillons : la hachette (saturnidés), le sphinx du troène (sphingidés), le thécla du chêne (lycénidés), etc.
Plante médicinale présente en France : la décoction de jeunes feuilles est excellente. L'écorce est anti-inflammatoire, fortifiante, astringente et fébrifuge. Le frêne est astringent, diurétique, laxatif, sudorifique et tonique.

" Frêne, grand arbre qui croît naturellement dans les forêts des climats tempérés ; il fait une très belle tige, qui s’élève à une grande hauteur, qui est presque toujours très droite, & qui grossit avec beaucoup de proportion & d’uniformité. On voit ordinairement le tronc du frêne s’élever sans aucunes branches à plus de hauteur que les autres arbres. Sa tête est petite, peu garnie de rameaux, qui ne s’étendent qui lorsque l’arbre a passé la force de son accroissement. Son écorce, d’une couleur de cendre verdâtre, est longtemps très unie ; & ce n’est que dans un âge fort avancé qu’il s’y fait des gerçures. Ses feuilles sont au nombre de quatre ou cinq paires, quelquefois six, & même jusqu’à huit sur une même côte, qui est terminée par une seule feuille : elles sont lisses, légèrement dentelées, d’un vert très-brun, & elles font peu d’ombre. Cet arbre donne au mois de Mai des bouquets de fleurs, qui sont bruns, petits, courts, ramassés : ce sont des étamines, qui n’ont qu’une apparence de mousse. Les graines qu’il produit en grappe sont environnées d’une membrane fort mince, longue d’un pouce & demi, mais fort étroite : on compare la forme de ce fruit à celle d’une langue d’oiseau ; il n’est mûr que sur la fin du mois d’Octobre, qu’il commence à tomber ; mais il en reste sur quelques arbres jusqu’après l’hiver.
On met cet arbre au nombre de ceux qui tiennent le premier rang parmi les arbres des forêts, dont il égale les plus considérables par son volume : mais relativement à l’utilité, il ne peut entrer en comparaison avec le chêne, le châtaigner, & l’orme, qui l’emportent à cet égard. Il est vrai que l’accroissement du frêne est plus prompt que celui de ces arbres, mais il est plus lent à grossir ; & il lui faut pour cela un sol bien favorable ; ce qui ne se rencontre que rarement.
Le terrain qui convient le mieux à cet arbre, est une terre légère & limoneuse, mêlée de sable, & traversée par des eaux courantes. Il peut croître dans la plupart des situations, depuis le fond des vallées jusqu’au sommet des montagnes, pourvu qu’il y ait de l’humidité & de l’écoulement ; il se plaît surtout dans les gorges sombres des collines exposées au nord : on le voit pourtant réussir quelquefois dans la glaise, dans la marne, si le sol a de la pente ; & dans les terres caillouteuses & graveleuses, même dans les joints des rochers, si dans tous ces cas il y a de l’humidité. Cet arbre se contente de peu de profondeur, parce que ses racines cherchent à s’étendre à fleur-de-terre ; mais il craint les terres fortes & la glaise dure & sèche : il se refuse absolument aux terrains secs, légers, sablonneux, superficiels, & trop pauvres, surtout dans les coteaux exposés au midi. J’en ai vu planter une grande quantité de tout âge dans ces différents sols, sans qu’aucun y ait réussi.
Il n’est pas aisé de multiplier cet arbre pour de grandes plantations, quoiqu’il y ait deux moyens d’y parvenir ; l’un en semant ses graines, qui ne lèvent que la seconde année ; l’autre, en se servant de jeunes plants que l’on peut trouver dans les forêts. Dans ces deux cas, la propagation en grand n’est nullement facile, parce qu’il faut employer la transplantation ; expédient très-coûteux & peu sûr pour peupler de grands cantons. La nécessité de transplanter, même les plants que l’on aura fait venir de semence dans les pépinières, vient de ce qu’il est très rare que l’on puisse semer les graines sur la place que l’on destine à mettre en bois, par la raison que les terrains qui conviennent au frêne sont ordinairement pierreux, aquatiques, inégaux, & presque toujours impraticables aux instruments de la culture.
Pour faire venir le frêne de semence, il faut en cueillir la graine lorsqu’elle commence à tomber, sur la fin d’Octobre, ou dans le mois suivant ...
Le frêne est surtout estimé par rapport à son bois, qui sert à beaucoup d’usages : quoique blanc, il est assez dur, fort uni, & très liant, tant qu’il conserve un peu de sève : aussi est-il employé par préférence pour les pièces de charronnage qui doivent avoir du ressort & de la courbure ; les Tourneurs & les Armuriers en font également usage. Mais une autre grande partie de service que l’on en tire, c’est qu’il est excellent à faire des cercles pour les cuves, les tonneaux, & autres vaisseaux de cette espèce. Le bois des frênes venus dans des terrains de montagnes, ou qui ont été habituellement tondus, sont sujets à être chargés de gros nœuds ou protubérances, qui en dérangeant l’ordre des fibres, occasionnent une plus grande dureté, & une diversité de couleur dans les veines du bois ; ce qui fait que ces sortes d’arbres sont recherchés par les ébénistes. Mais quoiqu’il se trouve des frênes d’assez gros volume pour servir à la charpente, on l’applique rarement à cet usage, parce que ce bois est sujet à être piqué des vers, quand il a perdu toute sa sève. Le bois du frêne a plus de résistance & plie plus aisément que celui de l’orme : on y distingue le cœur & l’aubier, comme dans le chêne ; & lorsqu’il est vert, il brûle mieux qu’aucun autre bois nouvellement coupé.
Quand cet arbre est dans sa force, on peut l’élaguer ou l’étêter, sans que cela lui fasse grand tort, à moins qu’il ne soit trop gros : par ce moyen, on en tirera tous les trois ou quatre ans des perches, des échalas, du cerceau, ou tout au moins du fagotage. Le dégouttement du frêne endommage tous les végétaux qui en sont atteints ; c’est ce qui a fait dire que son ombre était dangereuse : il n’en est pas de même à son égard ; il ne craint d’être surmonte par aucune autre espèce d’arbre ; leur égout ne lui fait aucun préjudice. Aussi le frêne réussit-il à l’ombre & dans les lieux serrés, où on peut s’en servir pour remplacer les autres arbres qui refusent d’y venir. Son feuillage est excellent pour la nourriture des bœufs, des chèvres, & des bêtes à laine : tous ces animaux en sont très friands pendant l’hiver. Il faut pour cela couper les rameaux de cet arbre, à la fin du mois d’Août ou au commencement de Septembre, & les laisser sécher à l’ombre. On pourrait employer le frêne, à plusieurs égards, pour l’ornement des jardins ; il fait ordinairement une belle tige & une tête régulière : son feuillage léger, qui est d’un vert brun & luisant, contrasterait agréablement avec la verdure des autres arbres ; mais il est sujet à un si grand inconvénient, qu’on est obligé de l’écarter de tous les lieux d’agrément : les mouches cantharides qui s’engendrent particulièrement sur cet arbre, le dépouillent presque tous les ans de sa verdure dans la plus belle saison, & causent une puanteur insupportable. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • agropastoralisme
  • botanique
  • pathologie
  • pharmacie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [01/06/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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