figuier (n. m.)

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Scientifique

  • Ficus carica L.

Autres noms

  • figuier commun
  • figuiéra
  • teenah (hébreux)

Anglais

  • common fig tree

Etymologie

lat. pop. fica, lat. class. ficus
carica,
de Carie, ancienne région au sud-ouest de la Turquie actuelle

Définition

Fam. des moracées (Moraceae). H. 2-10 m. Arbre ou buisson. Le suc laiteux est caustique. Les feuilles sont alternes, caduques, simples, au limbe épais et rude à bords lobés arrondis et dentelés, non palmés. Plante alimentaire cultivée et médicinale. C'est un des plus anciens arbres fruitiers. Le fruit charnu, la figue, comestible, est très nutritif. Les graines sont des akènes. Pl. présente dans la garrigue. Un insecte, le blastophage, assure la fécondation.

Détails

Originaire de Perse. Plante méditerranéenne, présente aussi en Bretagne.
Plante médicinale : adoucissant, laxatif, stimulant, etc.

'' Cependant, trois types de ''figuiers'' existent : le caprifiguier (figuier sauvage, mâle), le figuier domestique (figuier femelle) et les figues-fleurs...  les '' figues-fleurs ''... nouvelles variétés parthénocarpiques, à fruits plus aqueux, moins sucrés et convenant moins bien au séchage.'' (Cirad/Gret/MAE, 2002. Mémento de l'Agronome. Paris, France, Cirad/Gret/Ministère des Affaires Etrangères (+ 2 cdroms), 1 692 p., page 1005).

" Le figuier commun cultivé, s’appelle en grec συκῆ ἥμερον, & par les botanistes ficus, ficus communis, ficus sativa, &c. c’est un arbre d’une hauteur médiocre, branchu, touffu ; son tronc n’est pas tout-à-fait droit ; son écorce n’est pas unie, mais un peu raboteuse, surtout lorsqu’il est vieux : son bois est blanchâtre, mou, moelleux, il n’est pas employé : ses feuilles sont amples, découpées en manière de main ouverte, partagées en cinq parties, & ayant cinq angles ; elles sont rudes, dures, & d’un vert foncé : les fruits naissent auprès de l’origine des feuilles, sans aucune fleur apparente qui ait précédé : ils sont petits dans le commencement, grossissent peu-à-peu, verts d’abord, ensuite pâles, rougeâtres, ou tirant sur le violet ; ils sont tous moelleux, mous, & remplis d’une infinité de petits grains ; si l’on blesse ces fruits avant leur maturité, ou la queue des feuilles, ou l’écorce nouvelle du figuier, il en sort un suc laiteux, âcre & amer.
Cette plante n’est pas privée de fleurs, comme plusieurs l’ont cru ; mais elles sont cachées dans le fruit même, comme Tournefort l’avait soupçonné après Valerius-Cordus ; quoique ni lui ni les autres botanistes n’aient connu les vraies parties essentielles de ces fleurs, jusqu’à l’année 1712, que M. de la Hire, médecin, & membre de l’académie des Sciences, a découvert & démontré publiquement dans cette célèbre académie, les étamines des figues, & leurs sommets couverts d’une poussière très-fine ; car M. Tournefort avait pris pour les fleurs, de certains filaments extrêmement fins, qui sortent des enveloppes qui renferment la graine, & même les pistils de ces mêmes graines ; mais comme les parties naturelles des fleurs sont, surtout les étamines & les sommets, pleines d’une poussière très-fine, & que les filaments de Tournefort ne sont point garnis de ces sommets, ils ne doivent pas être apellés fleurs, surtout si l’on trouve de ces étamines ailleurs garnies de leurs sommets. La fleur dans cette plante est donc renfermée dans le fruit lui-même ; ou plutôt le fruit est le calice, dans lequel la fleur & les graines sont cachées.
Voici quelle est la disposition & la forme des différentes fleurs du figuier, selon M. Linnæus (Genera Plant. 776). Le calice des fleurs est commun, ou plutôt c’est la figue elle-même ; il est en forme de poire, très-gros, charnu, creux, fermé à sa partie supérieure par beaucoup d’écailles triangulaires, pointues, dentelées & recourbées. Sa surface interne est toute couverte de petites fleurs, dont les extérieurs, ou les plus proches de ces écailles sont les fleurs mâles, qui sont en petit nombre ; & au-dessous de celles-là, sont les fleurs femelles en très grand nombre.
Chaque fleur mâle a son pédicule, & son propre calice partagé en trois, quatre & cinq parties, dont les découpures sont en forme de lance, droites, égales, sans pétales : elle a trois étamines ou cinq. Selon Ponthedera, ce sont des filets déliés de la longueur du calice, qui portent chacun un sommet à deux loges, & entre ces étamines est une apparence de pistils. Les fleurs femelles ont chacune leur pédicule, & leur calice propre partagé en cinq parties, dont les découpures sont pointues en forme de lance, droites, presque égales, mais sans pétales. L’embryon est ovalaire, & de la longueur du calice propre ; il est surmonté d’un style en forme d’alêne qui sort de l’embryon, à côté de son sommet : ce style est terminé par deux stigmates pointus & réfléchis, dont l’un est plus court que l’autre : le calice est placé obliquement & contient une seule graine assez grosse, arrondie & aplatie.
Le suc du figuier tiré de l’arbre par incision, ou exprimé des feuilles, est clair, laiteux, amer, âcre & chaud. Il enlève la peau & l’excorie ; on s’en sert même pour extirper les porreaux appelés myrmecia ; quelques-uns le préparent, & en font un détersif, pour appliquer extérieurement dans les maladies cutanées ; mais nous avons de beaucoup meilleurs remèdes. L’acidité du même suc fait coaguler le lait, & le met en fromage ; cela doit être.
Il entre encore dans la classe de ces écritures sympathiques, qui ne sont visibles qu’en les chauffant ; c’est-à-dire que si l’on trace des lettres sur un papier avec le lait, ou le suc des jeunes branches de figuier, elles disparaîtront ; pour les lire il faut approcher le papier du feu ; lorsque ce papier sera fort échauffé, alors les caractères deviendront lisibles ; c’est une expérience fort connue ; & l’on sait que le suc du figuier la partage non-seulement avec le vinaigre, le suc du limon, & les autres acides, mais de plus, toutes les infusions, & toutes les dissolutions, dont la matière dissoute, peut se brûler à très-petit feu, & se réduire en une espèce de charbon, produisent le même effet (encre sympathique).
Le figuier est un arbre très-connu dans les régions chaudes ; on n’y en rencontre pas de plus communs, soit dans les jardins domestiques, soit dans la campagne. On le cultive beaucoup dans les climats tempérés. La culture en est facile, les progrès assez prompts, le fruit exquis, & la récolte revient deux fois par an ; avantages qui ne se trouvent peut-être pas dans aucune autre plante. La Quintinie, Bradley & Miller, ont déployé tout leur art pour la perfection de cette culture, & pour celle des figueries ; mais outre qu’on n’y peut parvenir qu’à grands frais, il est certain que toutes sortes de figues ne peuvent réussir dans nos climats : c’est en Languedoc, en Provence, en Italie, en Espagne, en Portugal, & autres pays chauds, qu’il faut les aller chercher. Voyez cependant les recherches faites en ce genre par Bradley, Miller & la Quintinie, au mot Figuier (Agric.).

Figuier, (Agriculture.) On cultive ce petit arbre fruitier très-communément dans les pays méridionaux de l’Europe ; mais il n’est pas assez robuste pour résister en plein air aux grands hivers dans nos contrées septentrionales, sans des précautions qui très-souvent ne le garantissent pas. On voit rarement des figuiers d’une belle tige & d’une forme régulière : cet arbre est trop sujet à jeter du pied quantité de rejetons, qui l’affaiblissent & y mettent la confusion. Il fait de copieuses racines qui sont menues, jaunâtres, tortueuses, & qui ne s’étendent qu’à fleur de terre. Son bois est blanc, léger, spongieux, cassant, & n’est d’aucun usage : l’écorce en est unie, & d’une couleur cendrée fort claire : ses feuilles viennent tard, & tombent de bonne heure ; elles ont pour la plupart quatre échancrures profondes, qui les divisent en cinq parties, & ce sont les plus grandes feuilles de tous les arbres fruitiers de ce climat. Son fruit est de différentes formes, couleurs & grosseurs, selon les différentes espèces ; mais il est bien meilleur qu’il n’est beau. Le figuier se multiplie fort aisément, croît très-promptement, réussit dans les plus mauvais terrains, produit d’excellent fruit, & donne deux récoltes par an ; mais il est de courte durée, & il ne s’élève guère qu’à quinze pieds.
On peut multiplier cet arbre, soit en enlevant les rejetons qui se trouvent communément au pied, soit en couchant ses branches qui font de bonnes racines en un an, ou bien en faisant des boutures avec les jeunes branches & un peu de vieux bois, ou même en greffant une espèce sur une autre, ou enfin en semant les graines que renferme la figue. Le premier moyen est le plus simple & le plus court ; le second supplée à son défaut ; on se sert du troisième, quand on ne peut faire autrement ; le quatrième n’est pratiqué que par quelques curieux, qui veulent perfectionner le fruit ; & le dernier n’est point en usage, parce que c’est la voie la plus longue, & que la plupart des plants qui en proviennent, sont des espèces bâtardes ou dégénérées.
Quoique le figuier puisse venir dans presque tous les terrains & à toutes les expositions, il se plaît pourtant mieux dans les terres légères, où il donne plus de fruit que dans celles qui sont fermes & humides, où il jette beaucoup de bois & fait peu de rapport. Il y aurait même inconvénient à mettre cet arbre à une mauvaise exposition : celles où il réussit le mieux, sont le midi, le sud-est, & le sud-ouest. On ne saurait trop prendre de mesures pour lui procurer en été toute la chaleur possible, & pour le garantir en hiver contre les diverses intempéries que cette saison amène, & qui obligent à mettre cet arbre dans les endroits les mieux abrités. On fait quelquefois la tentative de mettre le figuier à plein-vent ; il est vrai qu’il y produit de meilleur fruit & en une plus grande quantité : mais quelques précautions que l’on puisse prendre pour le défendre contre les gelées, il y résiste rarement aux hivers un peu rigoureux. Tout au moins doit-on lui donner l’abri des murailles de bonne exposition, où on le forme en espalier autant qu’il est possible d’y astreindre cet arbre, dont le bois n’est pas assez souple pour être assujetti régulièrement contre une palissade, encore n’est-on pas certain de le voir garanti par-là de l’atteinte des grandes gelées. Il n’y a donc de parti sûr, que celui d’avoir ces arbres dans des caisses, que l’on peut mettre dans la serre pendant l’hiver : c’est d’ailleurs le moyen d’avoir des figues plus précoces, en plus grande abondance & de meilleur goût.
Le figuier, comme tous les autres arbres fruitiers, a besoin d’être taillé pour une plus longue durée & un meilleur rapport. Cette taille doit avoir pour objet de couper tout le bois mort ; de supprimer les parties de l’arbre qui, en s’élançant irrégulièrement, contrarient la figure qu’on lui veut faire prendre ; de retrancher les branches menues & confuses, car ce sont celles qui ne donnent point de fruit ; d’accourcir les branches de faux bois, que l’on reconnaît à ce que les yeux en sont plats & fort écartés. Mais il faut se garder, autant que l’on peut, de rien couper des branches à fruit, parce que c’est sur-tout à leur extrémité que viennent les figues, & que le bois en étant fort spongieux & plein de moelle, la moindre entamure peut faire périr la branche. Par la même raison, on doit avoir attention de tailler le figuier avant que la sève soit en mouvement, parce que l’arbre s’affaiblirait en perdant de ce suc laiteux, dont il abonde alors, & qui est si acre, si brûlant, & si corrosif, qu’il fait prendre le lait comme la présure, qu’il dissout celui qui est caillé comme le vinaigre, & qu’il enlève la peau lorsqu’on l’applique dessus : cependant cette sève, avec de si étranges qualités, produit les fruits les plus doux, les plus sains, & les plus agréables au goût : tels sont les procédés, ou plutôt les miracles de la nature.
Plusieurs médecins anciens ont recommandé le suc laiteux & les feuilles de figuier dans bien des cas. Pline (liv. XXIII. chap. vij.) parle de l’usage extérieur du suc, comme caustique, dépilatoire, mondificatif, utile contre la goutte, la gale, & diverses maladies de la peau, comme excitant les règles, pris intérieurement. Mais le suc de figuier n’est plus un remède pour nous... (b) " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • alimentation
  • botanique
  • pathologie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne

Classification scientifique

  • Moraceae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [30/05/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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