feuille (n. f.)

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Anglais

  • leaf

Définition

Partie plate et mince des végétaux verts, généralement verte, fixée aux tiges et aux rameaux.

Détails

Elle est riche en cellulose et contient souvent de la chlorophylle qui permet la photosynthèse. Les herbivores mangent des feuilles d'herbes.

" FEUILLE, s. f. (Botan.) en latin, folium, lorsqu’on parle de feuilles des plantes ; & pétale, petalum, quand on parle de feuilles des fleurs. C’est Columna qui le premier a fixé le mot pétale à signifier la feuille des fleurs, & nous avions besoin de ce nouveau terme (voyez donc Pétale) ; car nous ne parlons ici que des feuilles des plantes, d’après la méthode de M. de Tournefort, que nous suivons assez volontiers dans cet ouvrage.
Tout le monde connaît de vue cette partie des plantes nommée feuilles, qui vient ordinairement au printemps, & qui tombe au commencement de l’automne. Tout le monde sait encore qu’il y a des plantes qui les conservent, & d’autres qui n’en ont point, comme les truffes, & quelques espèces de champignons.
On peut considérer les feuilles des plantes par rapport à leur structure, à leur superficie, à leur figure, à leur consistance, à leurs découpures, à leur situation & à leur grandeur.

Par rapport à leur structure, les feuilles sont ou simples ou composées. Les feuilles simples sont celles qui naissent seules sur la même queue, ou qui sont attachées immédiatement à la tige & aux branches, sans être subdivisées en d’autres feuilles ; telles sont les feuilles du poirier, du pommier, du giroflier, de l’œillet. Les feuilles composées sont rangées plusieurs ensemble sur la même queue ou sur la même côte, ou bien elles sont divisées en plusieurs autres feuilles ; en sorte que le tout ensemble se prend pour une seule feuille : telles sont les feuilles du rosier, du persil, de l’angélique, du chanvre, &c.

Par rapport à la superficie, les feuilles sont plates, creuses, en bosse, lisses, rares, velues, &c. Les feuilles plates, considérées par rapport à leur figure, sont rondes, comme celles de la nummulaire ; rondes à oreillons, comme celles du cabaret ; en fer de pique, comme celles de l’origan ; oblongues, comme celles de l’androsœmum ; à pans, comme celles de la bryone du Canada ; pointues par les deux bouts & larges vers le milieu, comme celles du laurier-rose ; étroites & longues, comme celles de l’œillet & du chien-dent ; presqu’ovales, terminées en pointe, comme celles du chanvre jaune fertile.
Les feuilles creuses sont ou fistuleuses, comme celles du petit asphodèle, de l’oignon, &c. ou pliées en gouttière, comme celles de l’asphodèle commun, qui sont aussi relevées en côtes par-dessous.
Les feuilles en bosse sont cylindriques dans quelques plantes, comme celles de plusieurs sortes de soude, de salicot & de joubarbe. Elles sont quelquefois à trois coins, comme on le voit dans quelques espèces de ficoïdes. Il y en a quelques-unes qui sont anguleuses & irrégulières ; savoir celles de la fritillaire épaisse, fritillaria crassa.

Par rapport à la consistance, les feuilles sont ou minces ou déliées, comme celles du millepertuis ; ou épaisses, comme celles du pourpier ; ou charnues, comme celles de plusieurs sortes de joubarbe ; ou drapées, comme celles du bouillon-blanc.

Par rapport aux découpures, les feuilles sont découpées légèrement ou profondément. Les feuilles découpées légèrement, sont crénelées, dentelées, frisées & plissées. Les feuilles crénelées ont les découpures à anse à panier, ou en tiers-point, comme celles des espèces d’egeum. Les feuilles dentelées sont découpées à dent de scie plus ou moins régulièrement, comme celles du rosier ou du chanvre jaune fertile.
Les feuilles découpées profondément, sont découpées jusqu’à la tête ou jusqu’à la base, ou d’une manière particulière ; savoir en trèfle ou flèche, &c.
Celles qui sont découpées jusqu’à la côte, le sont en différentes manières. Il y en a quelques-unes qui sont découpées irrégulièrement jusqu’à la côte, comme celles de l’armoise ; quelques autres le sont en feuilles d’acanthe, en feuilles de céterac, en feuilles de méliante. Cette dernière découpure est singulière, & l’on peut la proposer, quoique la méliante soit une plante assez rare.

Les feuilles composées sont soutenues par une queue, ou rangées sur une côte simple, ou sur une côte branchue.
Les feuilles soutenues sur une queue, sont ou deux à deux, comme celles du fabago ; ou trois à trois, comme celles du trèfle & de l’ellébore noir trifolié : ou sur la même queue, comme celles de l’agnus castus ; ou en plus grand nombre, disposées en éventail ouvert ; savoir celles de la plupart des espèces d’ellébore noir.
Les feuilles rangées sur une côte, sont ou rangées par paires, ou elles naissent alternativement sur une côte. La côte de celles qui sont rangées par paires, est terminée par une seule feuille [imparidigité], comme celle de la réglisse ; ou terminée par une paire de feuilles [paridigité], comme celle de la sophora, de l’orobe, &c. Les feuilles qui sont sur ces côtes, sont à-peu-près égales, comme on le voit dans celles dont on vient de parler ; mais il s’en trouve aussi quelques-unes qui sont entresemées de plusieurs autres feuilles plus petites.
Les feuilles composées de plusieurs feuilles, rangées sur une côte branchue, sont ou à grandes feuilles ou à petites feuilles, ou bien elles sont laciniées, c’est-à-dire composées de feuilles étroites & longues comme des lanières. Celles de l’angelica alpina ad nodos florida, sont à grandes feuilles ; celles du persil ou de la ciguë, sont à petites feuilles ; celles du fenouil & du meum sont laciniées ou découpées en lanières fort étroites.

Par rapport à la situation, les feuilles sont ou alternes, c’est-à-dire rangées alternativement le long des tiges & des branches, comme celles de l’alaterne ; ou opposées deux à deux, comme celles de la phillyria ; ou opposées en plus grand nombre, & disposées en rayon ou en fraise [verticillées], comme celle des espèces de rubia.

Par rapport à la grandeur, les feuilles sont ou très grandes, comme celles de colocasia, de sphondylium, &c. ou médiocres, comme celles du pied-de-veau, de la bistorte, du figuier, &c. ou petites, comme celles du pommier, du poirier, du pêcher, &c. ou enfin très-menues, comme celles du millepertuis, de la renouée, du coris, & de plusieurs autres plantes...

M. Linnæus est entré dans un plus grand détail pour diviser les feuilles en classes, en genres & en espèces. Il en fait trois classes, dont la première comprend les feuilles simples, la seconde les feuilles composées, & la troisième les feuilles déterminées.
Les feuilles simples sont seules, chacune sur un pédicule ou pétiole. On les distingue en sept ordres, par des caractères tirés de la circonférence, des angles, des sinus, de la bordure, de la surface, du sommet & des côtés de ces feuilles : ces sept ordres sont sous-divisés en 78 genres.
M. Linnæus distingue trois sortes de feuilles composées ; savoir les composées proprement dites, les recomposées, decomposita ; & les sur-composées, supra-decomposita. On a donné le nom de foliole, foliolum, à chacune des petites feuilles qui composent la grande. Les feuilles composées proprement dites, sont celles qui se trouvent plusieurs ensemble sur un même pédicule simple ou branchu ; les recomposées sont celles dont le pédicule commun se divise & se subdivise avant de former le pédicule particulier à chaque foliole. Dans les feuilles sur-composées, le pédicule commun se divise plus de deux fois avant d’arriver aux folioles. Il y a quatorze genres de feuilles composées.
Les feuilles déterminées sont celles que l’on distingue des autres par leur direction, leur position sur la plante, leur insertion, & leur situation respective, sans avoir égard à leur forme ni à leur structure. Ces feuilles déterminées sont divisés en 34 genres ; ce qui fait en tout 126 genres de feuilles, dont on peut faire un beaucoup plus grand nombre d’espèces, en employant leurs caractères pour la description des plantes. Voyez floræ parisiensis prodrom. par M. Dalibard. Paris, 1749. (I) ... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • alimentation
  • botanique

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [09/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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