fauconnerie (n. f.)

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Anglais

  • falconry
  • hawking

Etymologie

de faucon, du lat.

Définition

- 1. Art de dresser des rapaces (affaitage) pour la chasse et utilisation de ces rapaces pour la chasse aux oiseaux ou au petit gibier. Cf volerie, bas-vol, haut-vol.
- 2. Lieu où l'on élève ces rapaces.

Détails

Autrefois très répandue chez les nobles et réservée aux nobles, c'est maintenant un simple loisir.

" FAUCONNERIE, s. f. (Ordre encyclop. Science, Art, Economie rustiq. Chasse, Fauconn.) c’est l’art de dresser & de gouverner les oiseaux de proie destinés à la chasse. On donne aussi ce nom à l’équipage, qui comprend les fauconniers, les chevaux, les chiens, &c. La chasse elle-même porte plus particulièrement le nom de vol, & c’est à ce mot que nous parlerons des différentes chasses qui se font avec des oiseaux.
L’objet naturel de la chasse paraît être de se procurer du gibier : dans la fauconnerie on se propose la magnificence & le plaisir plus que l’utilité, surtout depuis que l’usage du fusil a rendu faciles les moyens de giboyer...
C’est l’oiseau appelé faucon qui a donné le nom à la fauconnerie, parce que c’est celui qui sert à un plus grand nombre d’usages. Il y a le faucon proprement dit ; mais souvent on attribue aussi ce nom à d’autres oiseaux, en y ajoutant une distinction particulière. On dit faucon-gerfault, faucon-lanier, &c.
Entre les faucons de même espèce, on remarque des différences qui désignent leur âge, & le temps auquel on les a pris. On appelle faucons sors, passagers ou pélerins, ceux qui, quoiqu’à leur premier pennage, ont été pris venant de loin, & dont on n’a point vu l’aire ou le nid. Le faucon niais, qu’on nomme aussi faucon royal, est celui qui a été pris dans son aire ou aux environs. Enfin le faucon appelé hagard, est celui qui a déjà mué lorsqu’on le prend...
Le choix des oiseaux est une chose essentielle en fauconnerie. On doit s’arrêter à la conformation que nous allons décrire, quoique toutes les marques extérieures de bonté puissent quelquefois tromper. Le faucon doit avoir la tête ronde, le bec court & gros, le cou fort long, la poitrine nerveuse, les mahutes larges, les cuisses longues, les jambes courtes, la main large, les doigts déliés, allongés, & nerveux aux articles ; les ongles fermes & recourbés, les ailes longues...
Outre la conformation, il faut encore avoir égard à la santé de l’oiseau...
Le choix d’un oiseau ainsi fait, on passe aux soins nécessaires pour le dresser. On commence par l’armer d’entraves appelées jets, au bout desquels on met un anneau sur lequel est écrit le nom du maître : on y ajoute des sonnettes, qui servent à indiquer le lieu où il est lorsqu’il s’écarte à la chasse. On le porte continuellement sur le poing ; on l’oblige de veiller : s’il est méchant & qu’il cherche à se défendre, on lui plonge la tête dans l’eau ; enfin on le contraint par la faim & la lassitude à se laisser couvrir la tête d’un chaperon qui lui enveloppe les yeux. Cet exercice dure souvent trois jours & trois nuits de suite ; il est rare qu’au bout de ce temps les besoins qui le tourmentent, & la privation de la lumière, ne lui fassent pas perdre toute idée de liberté. On juge qu’il a oublié sa fierté naturelle, lorsqu’il se laisse aisément couvrir la tête, & que découvert il saisit le plat ou la viande qu’on a soin de lui présenter de temps en temps. La répétition de ces leçons en assure peu-à-peu le succès. Les besoins étant le principe de la dépendance de l’oiseau, on cherche à les augmenter, en lui nettoyant l’estomac par des cures. Ce sont de petits pelotons de filasse qu’on lui fait avaler, & qui augmentent son appétit ; on le satisfait après l’avoir excité, & la reconnaissance attache l’oiseau à celui même qui l’a tourmenté. Lorsque les premières leçons ont réussi, & qu’il montre de la docilité, on le porte sur le gazon dans un jardin. Là on le découvre, & avec l’aide de la viande on le fait sauter de lui-même sur le poing. Quand il est assuré à cet exercice, on juge qu’il est temps de lui donner le vif, & de lui faire connaître le leurre.
Ce leurre est une représentation de proie, un assemblage de pieds & d’ailes, dont les fauconniers se servent pour réclamer les oiseaux, & sur lequel on attache leur viande...
Le soin des oiseaux de proie, soit en santé, soit en maladie, étant une partie principale de la Fauconnerie, nous devons en parler ici. En hiver, il faut les tenir dehors pendant le jour ; mais pendant la nuit, dans des chambres échauffées. On les découvre le soir sur la perche ; ils y sont attachés de manière qu’ils ne puissent pas se nuire l’un à l’autre. Le Fauconnier doit visiter & nettoyer exactement le chaperon, parce qu’il peut s’y introduire des ordures qui blesseraient dangereusement les yeux des oiseaux...
On nourrit les oiseaux avec de la tranche de bœuf & du gigot de mouton coupés par morceaux, & dont on a ôté avec soin la graisse & les parties nerveuses. Quelquefois on saigne des pigeons sur leur viande ; mais en général, le pigeon sert plus à les reprendre, qu’à les nourrir. Pendant la mue, on leur donne deux gorges par jour, mais modérées ; c’est un temps de régime. On ne leur en donne qu’une, mais bonne, dans les autres temps. La veille d’une chasse on diminue de beaucoup la gorge qu’on leur donne, & quelquefois on les cure, comme nous l’avons dit, afin de les rendre plus ardents...
A l’égard des maladies des oiseaux, voici les principales, & les remèdes que l’expérience fait juger les meilleurs...  Cet article est de M. le Roy, Lieutenant des chasses du parc de Versailles. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • chasse
  • travail
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [13/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32080 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15378 photos ou dessins.