estomac (n. m.)

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Scientifique

  • ventriculus

Autre nom

  • poche stomacale (n. f.)

Anglais

  • stomach

Etymologie

gr. stomakhos

Définition

Dilatation du tube digestif dans lequel commence la digestion des aliments. Il sécrète de l'acide chlorhydrique et des enzymes : présure, pepsine et lipase. Le bol alimentaire devient une masse appelée chyme.

Détails

La plupart des espèces sont monogastriques (un seul estomac). Chez les ruminants, l'estomac comporte 4 compartiments, les pré-estomacs (rumen, feuillet et réseau) et la caillette, estomac glandulaire. Chez les oiseaux, on distingue le proventricule et le gésier.
- estomac moyen, cf feuillet.

" Mammifères ... L'estomac est le plus souvent simple ; cependant il est divisé en deux compartiments chez quelques Rongeurs, en trois chez certains Primates, et en quatre chez la plupart des Ruminants. Il est séparé de l'intestin par un bourrelet circulaire, la valvule pylorique. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1080)

"  Ruminants ... L'estomac offre une conformation remarquable, liée à l'acte de la rumination. Il se compose en général de quatre compartiments. Le premier, le plus vaste chez l'adulte, est la panse (rumen) ; sa cavité, d'ordinaire divisée en plusieurs sacs, est tapissée par une muqueuse dépourvue de glandes, mais hérissée de papilles, lesquelles ont probablement pour fonction de régulariser la température dans les fermentations stomacales. Le deuxième, appelé bonnet ou réseau (reticulum), offre à sa surface interne un ensemble d'alvéoles de dimensions variables, limités par des cloisons de même nature que les papilles du rumen. Le troisième ou feuillet (omasus) se montre garni de lames intérieures qu'on a comparées aux feuillets d'un livre, et qui forment parfois des systèmes ou cycles complexes, mais sont toujours constituées exclusivement par la muqueuse. Enfin, le quatrième, la caillette (abomasus) offre aussi des plis longitudinaux de sa muqueuse, et au point de vue morphologique offre des rapports très étroits avec le feuillet, qui en est comme le vestibule ; au point de vue physiologique, la caillette est l'estomac véritable, sécrétant le suc gastrique. Entre la panse et le feuillet, se trouve un demi-canal qu'on regardait autrefois comme la continuation de l'œsophage, et qu'on désigne pour cette raison sous le nom de gouttière œsophagienne : en réalité, c'est un simple retroussement de la couche musculaire interne de l'estomac le long d'une bande médiane (fond de la gouttière) qui se trouve réduite à la couche musculaire externe... " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1115-7)

" ESTOMAC, ΣΤΟΜΑΧΟΣ, ventriculus, en Anatomie, est une partie creuse, membraneuse, & organique de l’animal, qui est destinée à recevoir la nourriture après la déglutition, & à la convertir en chyle. Voyez Nourriture, Digestion, Chyle &c.
Il est d’une forme longue ; quelques-uns le comparent à une citrouille ; d’autres à une musette. Il est situé dans la région épigastrique, un peu plus penché du côté gauche que du côté droit. Sa partie supérieure est jointe au diaphragme & au petit épiploon ; sa partie inférieure au grand épiploon ; le côté droit au duodénum, & le côté gauche à la rate. Le cartilage xiphoïde répond presque à la partie moyenne de l’estomac.
Il a deux orifices ; un à chaque extrémité. L’orifice gauche est appelé proprement στόμαχος, de στόμα, bouche ; on le nomme aussi καρδία : il se joint à l’œsophage, dont il est en quelque façon une continuation. C’est par cet orifice que les aliments entrent dans l’estomac, où étant digérés, ils montent obliquement au pylore, ou vers l’orifice droit qui est joint au premier des intestins. L’estomac est courbé ; il se forme en conséquence deux arcs entre ces deux orifices, un plus grand, convexe, tourné vers la partie inférieure, lorsque l’estomac est vide, & en-devant, lorsqu’il est rempli ; l’autre plus petit, supérieur, concave, situé entre les deux orifices. Les viscères, voisins de l’estomac, sont la rate à gauche, le foie à droite, & le pancréas derrière & inférieurement. Voyez Foie, Rate, Pancréas, Œsophage & Pylore.
L’estomac est composé de 4 membranes ou enveloppes ; la première & la plus intérieure, est formée de fibres courtes, qui sont situées perpendiculairement au-dessus des fibres de l’enveloppe voisine, & peuvent être manifestement aperçues vers le pylore : quand l’estomac est tendu par la nourriture, ces fibres deviennent épaisses & courtes : tandis qu’elles s’efforcent de se rétablir dans leur état, par leur élasticité naturelle, elles contractent la cavité de l’estomac, & lui font broyer & expulser les aliments. Cette enveloppe est plus large que les autres, & est remplie de plis & de rides, principalement vers le pylore : ces plis arrêtent le chyle, & l’empêchent de sortir de l’estomac, avant que d’être suffisamment digéré. Il y a dans cette enveloppe un grand nombre de petites glandes qui séparent une liqueur, qui humecte toute la cavité de l’estomac, & aide à la coction des aliments : c’est pourquoi cette enveloppe est nommée tunique glanduleuse.
La seconde tunique est plus mince & plus délicate ; elle est tout-à-fait nerveuse ; d’un sentiment exquis, & se nomme tunique nerveuse.
La troisième est musculaire, & composée de fibres droites & circulaires ; celles qui sont droites, avancent sur la partie supérieure de l’estomac, entre l’orifice supérieur & l’inférieur ; & celles qui sont circulaires, vont obliquement depuis la partie supérieure de l’estomac, jusqu’au fond. Les plus intérieures de ces fibres descendent vers le côté droit, & les plus extérieures, vers le côté gauche : de sorte que par leur action, les deux extrémités de l’estomac sont attirées vers le milieu, & le tout est également contracté : c’est par leur contraction & leur mouvement continuel, que l’attrition & la digestion des aliments se fait bien.
Toutes ces membranes sont unies entre elles par un tissu cellulaire, que quelques-uns ont regardé comme des membranes particulières.

Un grand nombre de vaisseaux se rendent à l’estomac, & ils viennent de différents troncs, afin qu’aucune pression ne pût intercepter le cours des liqueurs qu’ils renferment ; ce qui serait très-aisément arrivé, s’il n’y avait eu qu’un seul tronc : toutes ses artères viennent en général de la cœliaque : la coronaire stomachique est une branche de la cœliaque, se distribue entre les deux orifices le long du petit arc ; la gastrique droite vient de l’hépatique, se porte le long du grand arc à droite, & s’anastomose avec la gastrique gauche qui vient de la sphénique, & qui se termine le long du grand arc à gauche ; les veines suivent à-peu-près la même direction, & se vident dans des branches de la veine porte ventrale.
La huitième paire de nerfs envoie à l’estomac deux branches considérables, qui s’étendent autour de l’orifice supérieur, & qui sont fort sensibles ; c’est de là aussi que naît la grande sympathie qu’il y a entre l’estomac, la tête, & le cœur ; ce qui a fait croire à Van-Helmont que l’âme a son siège à l’orifice supérieur de l’estomac.
Quant au mouvement de l’estomac, le docteur Pitt nous apprend dans les Transactions philosophiques, qu’en disséquant un chien, il a trouvé que le mouvement péristaltique des boyaux avait, de même, lieu dans l’estomac ; le pylore, qu’on trouve pour l’ordinaire aussi haut que le diaphragme, tombait à chaque ondulation au-dessous du fond de l’estomac ; de manière qu’il pouvait remarquer clairement un resserrement dans le milieu de l’estomac, à chaque mouvement en en-bas, tel qu’il était capable de comprimer tout ce qui était renfermé dans sa cavité. Ces mouvements, dit-il, étaient aussi réguliers qu’aucun qu’on puisse apercevoir dans les intestins ; & il ajoute qu’il a fait la même observation dans trois autres chiens ; d’où on peut conclure sûrement que cela se trouve dans tous. Voyez Péristaltique.

Les animaux qui ruminent, ont quatre estomacs... Voyez Ruminant. Les oiseaux qui se nourrissent ordinairement de graines qui sont couvertes d’une peau dure, ont un espèce d’estomac qu’on appelle jabot, qui est composé de quatre grands muscles en-dehors, & d’une membrane dure & calleuse au-dedans : ceux qui vivent de chair, comme les aigles, les vautours, &c. n’en ont qu’un. Voyez Carnivore, Granivore, &c. Quant à l’action de l’estomac, voyez Digestion. (L)... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Section

  • anatomie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [05/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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