espèce (n. f.)

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Anglais

  • species

Définition

"Groupes de populations naturelles effectivement ou potentiellement interféconds qui sont reproductivement isolés des autres groupes de même nature" (Mayr Ernst,1940). Ce sont des organismes vivants qui se ressemblent, ont des génotypes semblables et qui ne se reproduisent parfaitement qu'entre eux. Mais, il existe des cas particuliers insolubles. Les limites entre espèces et sous-espèces ayant existé ne sont pas toujours bien tranchées. On passe insensiblement de l'une à l'autre. Ces limites sont souvent conventionnelles c'est-à-dire qu'elles auraient pu avoir été fixées à un autre niveau. Il existe aussi des croisements interspécifiques (hybridation) féconds chez les plantes et les animaux très proches génétiquement, ce qui peut remettre en question leur statut d'espèce. Citons le triticale (blé x seigle) et le "Panicum maximum" cv C1 (P. maximum x P. infestum). Le taurin (Bos taurus) et le zébu (Bos indicus) sont de fausses espèces. Par contre, les espèces éloignées génétiquement ne peuvent pas être croisées. Les jumarts (croisement taureau et jument) sont imaginaires.

Détails

Exemples :
- espèce dominante,
- espèce en péril, en danger (endangered species),
- espèce en voie d'extinction (vanishing species).

" Or, il est un fait d'observation vulgaire, dans lequel les disciples de Cuvier ont cherché à trouver une base expérimentale à leur conception de l'espèce : c'est que tous les animaux de ces races se reproduisent entre eux. Ils ont donc tenté de démontrer que l'espèce est caractérisée par la possibilité d'un rapprochement sexuel indéfiniment fécond entre les individus. Flourens, l'un des plus ardents parmi eux, a même voulu étendre à la notion du genre les caractères tirés de la fécondité, el a proposé de regarder comme appartenant au même genre tous les individus capables de se féconder entre eux à un degré quelconque. De telle sorte que la fécondité illimitée serait le propre de l'espèce, tandis que la fécondité bornée fournirait une caractéristique du genre.
En résumé, pour les créationnistes en général, et en particulier pour les disciples de Cuvier, l'espèce répond à une idée concrète, se rapportant aux notions d'espace et de temps, et repose sur les bases suivantes : 1° Tous les individus de la même espèce ont entre eux une grande ressemblance ; 2° ils descendent d'un couple d'ancêtres primitifs, non engendrés, par une succession ininterrompue de générations ; et un critérium pratique de l'identité spécifique est fourni par la tendance et la capacité à un rapprochement sexuel indéfiniment fécond... " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 94)

" ESPÈCE, s. f. (Mét) notion universelle qui se forme par l’abstraction des qualités qui sont les mêmes dans les individus. En examinant les individus, & les comparant entre eux, je vois certains endroits par où ils se ressemblent ; je les sépare de ceux en quoi ils diffèrent ; & ces qualités communes, ainsi séparées, forment la notion d’une espèce, qui comprend le nombre d’individus dans lesquels ces qualités se trouvent. La division des êtres en genre & en espèce, n’est pas l’ouvrage de la Philosophie ; c’est celui de la nécessité. Les hommes sentant qu’il leur serait impossible de tout reconnaître & distinguer, s’il fallait que chaque individu eût sa dénomination particulière & indépendante, se hâtèrent de former ces classes indispensables pour l’usage, & essentielles au raisonnement...
» C’est donc dans la diversité caractéristique des espèces, que les intervalles des nuances de la nature sont les plus sensibles & les mieux marqués ; on pourrait même dire que ces intervalles entre les espèces sont les plus égaux & les moins variables de tous, puisqu’on peut toujours tirer une ligne de séparation entre deux espèces, c’est-à-dire entre deux successions d’individus qui se reproduisent & ne peuvent se mêler, comme l’on peut aussi réunir en une seule espèce deux successions d’individus qui se reproduisent en se mêlant. Ce point est le plus fixe que nous ayons en Histoire naturelle ; toutes les autres ressemblances & toutes les autres différences que l’on pourrait saisir dans la comparaison des êtres, ne seraient ni si constantes, ni si réelles, ni si certaines…
» L’espèce n’étant donc autre chose qu’une succession constante d’individus semblables & qui se reproduisent, il est clair que cette dénomination ne doit s’étendre qu’aux animaux & aux végétaux, & que c’est par un abus des termes ou des idées que les nomenclateurs l’ont employée pour désigner les différentes sortes de minéraux : on ne doit donc pas regarder le fer comme une espèce, & le plomb comme une autre espèce, mais seulement comme deux métaux différents… » M. de Buffon, hist. nat. ger. & part. &c. tom. IV. p. 784 & suiv. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Section

  • génétique

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [29/03/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32042 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 14870 photos ou dessins.