escarre (n. f.)

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Autres noms

  • eschare (n. f.)
  • escare (anc.) (n. f.)

Anglais

  • eschar
  • scab
  • slough

Etymologie

gr. croûte

Définition

Lésion  de la peau et des tissus plus profonds pouvant former une rougeur, une induration, ou une plaie gangreneuse avec croûte noirâtre qui s'élimine avec perte de substance.

Détails

L'escarre est due à un manque de circulation sanguine lié à un défaut de mobilité. Les tissus se reconstituent ou bien il peut se former une nouvelle escarre sur les parties saines.
Exemple : escarre de décubitus (decubitus ulcer).
Pour l'homme, il existe des matelas anti-escarres.

" ESCARE, s. f. (Chirurg.) en Grec ἐσχάρα. On devrait donc écrire eschare, pour conserver l’étymologie, mais l’usage en a autrement décidé. L’escare est une espèce de croûte faite sur la peau par des cautères actuels & potentiels, ou par toute autre cause externe, comme par le frottement violent, la compression, la ligature, la contusion, la gelée, la brûlure, &c. C’est pourquoi le nom d’escare se donne aux chairs brûlées, meurtries, contuses, & desséchées, que la suppuration détache d’une partie vivante.
Voici comme l’escare se forme. Les cautères actuels qu’on met en usage pour la produire font une croûte sur la partie à laquelle ils sont appliqués, en échauffant les humeurs, qui venant à se raréfier par l’excessive chaleur qui leur est communiquée, rompent les vaisseaux qui les contiennent, en sorte que leurs molécules les plus subtiles s’exhalant en l’air, la partie demeure en croûte, sèche, & privée de nourriture.
Les cautères potentiels agissent sur la peau par la qualité de leurs sels qui déchirent la tissure des solides : les chairs étant forcées de se désunir par cette action des sels, forment une substance morte, qui ne recevant plus de nourriture, se dessèche & s’encroûte.
Dans la brûlure, la partie extérieure des chairs ne peut essuyer l’action du feu, sans que le tissu des solides ne soit totalement altéré. Alors les fibres étant détruites & confondues, ne sont qu’un débris informe qui n’a plus de part à la vie du reste du corps animal ; & cette chair morte ne tenant plus à rien, tombe bientôt d’elle même, tandis que les fluides sont répandus sous les solides séchés & brûlés, ce qui constitue l’escare.
La même chose arrive intérieurement par la causticité d’un venin âcre & pestilentiel. Ainsi l’escare peut être produite intérieurement par quelque humeur corrosive, capable de détruire le tissu des chairs en les abreuvant.
L’escare qui naît d’une cause externe, se rétablit en ôtant cette cause ; l’escare qui vient d’une cause interne & maligne, fait des progrès d’une façon cachée, & très difficile à détruire ; on peut le tenter par les corroborants antiputrides. L’escare qui procède d’un frottement violent, & dont la cause persiste, demande à être traitée comme l’inflammation. Voyez Inflammation, Gangrène, Mortification. Article de M. le Chevalier de Jaucourt. [ancien] " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Section

  • pathologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [28/05/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32063 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15207 photos ou dessins.