cheval (genre) (n. m.)

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Scientifique

  • Equus (Linné 1758)

Autre nom

  • chevaux (n. m.)

Anglais

  • horses

Définition

Genre de la fam. des équidés (les équins). Mammifères euthériens périssodactyles de la fam. des équidés (Equidae). La taille est grande

Détails

Espèces actuelles :
- Equus asinus, âne (ass),
- Equus burchellii, zèbre commun (Burchell's zebra),
- Equus caballus Linné, 1758, cheval, cheval domestique (horse),
- Equus gmelini Antonius, 1912, tarpan, tarpan de steppe (tarpan),
- Equus grevyi, zèbre de Grévy (Grevy's zebra),
- Equus kiang kiang (Indian Kiang),
- Equus hemionus, hémione (onager),
- Equus przewalskii przewalskii Poliakov, 1881, cheval de Przewalski, cheval sauvage de Montgolie, cheval sauvage du Gobi (Przewalski's horse),
- Equus przewalskii robustus Pomel, 1853, cheval occidental, disparu,
- Equus silvaticus Vetulani, 1928, tarpan de forêt (forest tarpan),
- Equus zebra, zèbre de montagne (mountain zebra).

" Genre Cheval (Equus L.). — Les principaux caractères distinctifs de ce genre — le seul représentant actuel des Équidés — sont fournis par les molaires : ces dents sont très hautes, prismatiques, sans racines séparées, et possèdent un cément très abondant ; de plus, dans les molaires supérieures, le denticule antérieur interne est allongé, aplati, beaucoup plus grand que le postérieur, quoique réuni au denticule antérieur médian, contrairement à ce qui s'observe chez les Hipparions. L'ilot séparé qu'il formait chez ces derniers n'est plus qu'une presqu'île.
Les espèces vivantes de ce genre sont, en général, d assez grande taille, et remarquables parla régularité de leurs proportions. Le pelage est ordinairement lisse. La tête, maigre et allongée, avec de grands yeux vifs, des oreilles en cornets pointus et mobiles, est portée par une longue encolure comprimée d'un côté à l'autre et garnie d'une crinière à son bord supérieur. Le tronc, dans son ensemble, est court et arrondi, la poitrine vaste, le ventre modérément développé. La queue est garnie de crins sur toute sa longueur ou n'en porte qu'un bouquet terminal. Les membres sont hauts et bien déliés, quoique vigoureux, et se terminent chacun par un seul doigt apparent dont l'extrémité est enveloppée par un sabot arrondi.
Il serait déplacé d'insister ici sur les caractères anatomiques du genre Equus : nous nous bornerons aux plus saillants. On sait que le seul doigt complet qui termine le membre est le 3e ; le 4e (externe) et le 2e (interne) sont réduits chacun à son métapode (métacarpien ou métatarsien), devenu rudimentaire et constituant un simple stylet; quant au be et au 1er (pouce), ils manquent tout à fait ou sont représentés par des osselets inconstants qui doivent être regardés également comme des rudiments de métapodes.
En raison des mouvements bornés des membres, le cubitus et le péroné sont atrophiés ; leur corps est même réduit à un cordon fibreux dans une partie de son étendue, et leur extrémité inférieure est soudée d'une façon si intime à l'os correspondant (radius ou tibia) qu'elle semble en faire partie intégrante. Ce n'est que dans des cas exceptionnels que le cubitus et le péroné se montrent aussi complets que chez les Hipparions.
La formule dentaire est, pour la dentition de lait : 3.0.4 /  3.0.3 = 26, et, pour la dentition définitive : 3.1.(4)3,3 / 3.1. 3,3 = 40. Les incisives, disposées en arc, présentent sur leur surface de frottement une fossette ovale (cavité dentaire extérieure) qui diminue à mesure que la dent s'use ; on les désigne, de dedans en dehors, sous les noms de pinces, mitoyennes, coins. Les canines ou crochets sont au nombre de deux à chaque mâchoire chez les mâles adultes; elles manquent ou sont peu développées chez la généralité des femelles. Dans la dentition de lait, elles sont d'ordinaire représentées soit par un stylet grêle, couché sur la gencive, soit par un follicule atrophié. A l'âge adulte, on compte douze molaires à chaque mâchoire, soit six de chaque côté. Toutefois, comme Daubenton l'a le premier observé, il existe dans certains cas, surtout à la mâchoire supérieure, une petite dent située en avant de la première prémolaire : d'après Lesbre, c'est la première molaire de lait, toujours rudimentaire, qui a persisté. Le nombre des molaires se trouve alors être le même que dans les genres fossiles d'Équidés. Cette dent tombe le plus souvent avec les autres molaires de première dentition, mais elle n'est jamais remplacée. Les trois molaires de remplacement ou prémolaires ressemblent beaucoup aux trois arrière-molaires ou molaires proprement dites. Comme dans tous les types franchement herbivores, du reste, le fût de ces dents est très allongé, et on n'observe pas une séparation bien nette de la couronne et de la racine. Elles appartiennent au type sélénodonte, c'est-à-dire que leurs denticules affectent la forme de croissants : or, ces denticules sont disposés en deux rangées ou lobes, l'un antérieur, l'autre postérieur. Les molaires inférieures ne possèdent que deux denticules à chaque lobe, un externe et un interne ; mais les molaires supérieures, qui sont les plus intéressantes au point de vue de l'anatomie comparée, en ont trois : externe, médian et interne.
Ceci posé, on remarquera que, dans le genre Equus. les denticules externes et médians des molaires supérieures dessinent une sorte de B gothique, tandis que le denticule interne antérieur, fortement comprimé d'un côté à l'autre, forme comme une boucle accessoire réunie à la boucle antérieure du B, c'est-à-dire au denticule médian antérieur.
Le tube digestif offre encore quelques particularités qui méritent d'être signalées. Notons d'abord l'existence des cravates suisses, qui consistent en deux faisceaux musculaires croisés formant, au niveau du cardia, une sorte de sphincter très puissant, qui constitue un obstacle presque absolu au vomissement. L'estomac, quoique uniloculaire, marque une tendance à se diviser en deux compartiments : l'un (sac gauche), tapissé par une muqueuse blanchâtre et résistante, n'est en réalité qu'une dilatation de l'œsophage ; l'autre (sac droit), dont la muqueuse est veloutée, de teinte rouge brunâtre, sécrète seul le suc gastrique et représente le véritable estomac. Il n'existe pas de vésicule biliaire.
Les femelles ont toujours deux mamelles inguinales; après une gestation de longue durée, elles donnent naissance, en général, à un seul petit, assez fort pour suivre immédiatement sa mère.
Les Ëquidés sont herbivores ; mais on sait qu'ils deviennent aisément granivores en captivité, et qu'à la rigueur on peut les accoutumer à un régime animal. Ce sont des animaux sociables, qui vivent en bandes conduites par les plus vieux mâles. « Tous les Équidés, dit Brehm, sont des animaux vifs, éveillés, agiles et prudents. Il y a quelque chose d'élégant et de noble dans tous leurs mouvements. En liberté, ils vont d'ordinaire d'un trot assez rapide. Leur allure de course est le galop. Ils sont doux et paisibles vis-à-vis des animaux inoffensifs ; ils fuient devant l'Homme et les grands animaux carnassiers; mais, en cas de danger, ils se défendent courageusement de leurs pieds et de leurs dents. » On a souvent répété que, pour soutenir l'attaque de leurs ennemis, ils se disposaient en cercle, la tête au centre, et répondaient à l'assaillant par des ruades. C'est là une fable, dont l'origine doit être sans doute cherchée dans ce fait, qu'à l'approche d'un carnassier, les étalons forment un cercle protecteur autour des juments et des poulains.
En ne tenant pas compte des espèces domestiques et des individus marrons qui en proviennent, les Équidés actuellement vivants paraissent être limités à l'ancien continent. Ils habitent les steppes de l'Asie et de l'Afrique, et, comme tous les animaux qui vivent en troupes, parcourent de grands espaces pour découvrir de nouveaux pâturages, après avoir ravagé une contrée.
État fossile. — Les débris fossiles les plus anciens du genre Equus ont été recueillis dans le miocène supérieur; on en a trouvé davantage dans le pliocène ; mais le quaternaire en a fourni le plus grand nombre. Nous nous bornerons à jeter un coup d'œil rapide sur les principales formes qui ont été observées dans les diverses parties du monde...
Espèces actuelles. — En 1841, le lieutenant-colonel Hamilton Smith divisait la famille des Équidés en trois groupes auxquels il donnait la valeur de genres : Équus, Asinus et Hippotigris. Quelques années après, le Dr Gray. du British Muséum, n'en distinguait plus que deux : Equus et Asinus. En 1869, dans son cours de mammalogie professé au Muséum, H. Milne-Edwards adopta la division de Hamilton Smith ; mais, ne reconnaissant à ses groupes que la valeur de sous-genres, il leur donna les noms d'Equidés proprement dits, d'Equidés asiniens et d'Equidés zébrés. Enfin. Sanson a voulu séparer complètement les Hémiones des Anes, et, dans la 2e édition de son Traité de Zootechnie, il reconnaît quatre sous-genres : Equidés cabalins, É. asiniens, E. hémioniens et É. zébrés. Mais les caractères extérieurs qui distinguent les Hémiones des Anes sont assez peu saisissables pour que nous croyions devoir revenir à la classification de Milne-Edwards. Nous admettrons donc trois sous-genres : celui des Caballins ou Chevaux, celui des Asiniens, comprenant les Anes et les Hémiones, et celui des Zébrés. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1154-60)

Sections

  • cheval
  • zoologie

Classification française

  • mammifère
  • périssodactyle
  • équidé

Classification scientifique

  • Equidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [09/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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